🤑Bourse : croissance éclatante, marchés glacials

CAC 40 : quand les résultats font un flop... même s'ils sont au top

6 mars 2025

Bonjour,

Une tendance intéressante se dessine sur les marchés financiers en ce début mars : la performance pure ne suffit plus à séduire les investisseurs. Le phénomène, d’abord observé outre-Atlantique, touche désormais l’Europe et la France. LVMH en a fait l’expérience fin janvier avec un repli de 5% malgré des résultats supérieurs aux attentes. Un paradoxe qui mérite notre attention dans notre accompagnement quotidien des épargnants.

Ce changement de paradigme s’explique par un contexte économique particulier : valorisations tendues, croissance timide, taux d’intérêt élevés et tensions géopolitiques. Face à ces incertitudes, les investisseurs privilégient désormais la résilience et la solidité des modèles économiques plutôt que les performances ponctuelles. Pour nos clients, cela signifie qu’une réflexion sur la durabilité des investissements devient primordiale.

L’excellence opérationnelle des entreprises et leur capacité à traverser les cycles économiques deviennent des critères de sélection majeurs. Les sociétés qui investissent dans l’optimisation des coûts et l’innovation, notamment via l’intelligence artificielle, sont davantage récompensées. Un signal fort qui nous invite à repenser nos stratégies d’allocation d’actifs et à sensibiliser nos clients à l’importance d’une vision à long terme de leurs placements.

D’autant que, et c’est l’objet du dossier de la semaine, les clients se posent beaucoup de questions sur l’actualité politique et géopolitique mondiale.

Bonne semaine à tous !

Exit tax : le Conseil d’État limite la rétroactivité au nom du droit européen

Dans une décision marquante du 5 février dernier, le Conseil d’État ðŸ‡«ðŸ‡· a remis en question la rétroactivité de l’exit tax instaurée par la loi de finances rectificative du 29 juillet 2011. Cette taxe, visant à imposer les plus-values latentes des contribuables transférant leur domicile fiscal hors de France, avait été rendue applicable dès le 3 mars 2011, date d’une simple annonce ministérielle lors d’un colloque.

La haute juridiction administrative a estimé que cette rétroactivité contrevenait aux principes européens de confiance légitime et de sécurité juridique. Le manque de clarté des annonces initiales est particulièrement pointé du doigt, d’autant que l’administration avait précisé devant le Sénat ðŸ‡«ðŸ‡· que seraient visés les départs intervenant « dès l’adoption de la loi » et non avant.

En conséquence, le dispositif ne peut s’appliquer aux personnes ayant transféré leur résidence dans un autre État membre de l’Union européenne ðŸ‡ªðŸ‡º avant le 11 mai 2011, date de présentation officielle du projet de loi en Conseil des ministres. Cette décision illustre comment les principes généraux du droit européen peuvent désormais faire échec à un dispositif fiscal national, même validé par le Conseil constitutionnel ðŸ‡«ðŸ‡·, dès lors qu’il entrave une liberté fondamentale garantie par le traité – en l’occurrence, la liberté d’établissement.

Le marché du crédit immobilier poursuit sa détente avec un taux moyen à 3,24% en janvier 2025, marquant un treizième mois consécutif de baisse et une diminution cumulée de 100 points de base depuis décembre 2023. L’élément marquant de ce premier trimestre est l’apparition d’offres sous la barre symbolique des 3% pour les meilleurs profils, avec des taux négociés atteignant 2,84% sur 20 ans et 2,99% sur 25 ans, un retour aux niveaux pratiqués en avril 2023.

Les disparités régionales s’affirment comme un levier d’optimisation patrimoniale, avec des écarts significatifs entre territoires : la région Hauts-de-France propose des taux moyens de 2,96% sur 20 ans quand la Bourgogne-Franche-Comté reste à 3,45%, tandis que la Provence-Alpes se distingue sur les durées longues avec un taux moyen de 3,12% sur 25 ans. Cette géographie des taux offre des opportunités d’arbitrage territorial dans les stratégies d’investissement, d’autant que le PTZ sera étendu à l’ensemble du territoire dès le 1er avril, incluant à nouveau les maisons individuelles.

L’amélioration des conditions de financement intervient dans un contexte où le pouvoir d’achat immobilier tend à se stabiliser. Après une année de gains substantiels (jusqu’à +23,71% de surface accessible à Reims), le rebond des transactions limite désormais la marge de négociation des acquéreurs. Pour les CGP, l’enjeu consiste à exploiter cette fenêtre favorable en anticipant un possible tassement des opportunités, les prévisions tablant sur un taux moyen qui pourrait atteindre 2,70% d’ici fin 2025, mais dans un marché où les prix cesseraient de baisser sous l’effet du retour des acheteurs.

Amériques

EMEA / Afrique

Asie Pacifique

A la une

  • 🇫🇷 Sécurité sociale – Le Conseil constitutionnel censure deux articles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, touchant à la lutte contre la fraude à l’assurance maladie.
  • 🇫🇷 Déficit public – Alors que les dépenses militaires françaises vont augmenter, le gouvernement explore des financements nationaux et européens pour alléger le déficit public.
  • 🇫🇷 Chômage – La nouvelle convention d’assurance-chômage devrait entraîner une économie de 405M€ grâce à la réduction des cotisations patronales, mais aussi un coût de 130M€ pour élargir les droits des primo-demandeurs.
  • 🇫🇷 Retraites – François Bayrou fixe à 2030 l’horizon pour rétablir l’équilibre des retraites, tout en ouvrant la voie à des négociations sur la réforme de 2023.
  • 🇫🇷 Défense – Le ministre Eric Lombard dévoilera le 20 mars à Bercy un plan de soutien à l’industrie de défense, en mobilisant banques et investisseurs pour renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe.
  • 🇫🇷 Droit commercial – L’expérimentation des tribunaux des activités économiques, qui étend leur compétence aux secteurs agricoles et associatifs, démarre en 2025, malgré des défis liés à la désignation des juges.
  • 🇫🇷 Banque – LCL annonce une refonte de son offre bancaire, avec le lancement en 2026 d’une option 100 % en ligne pour les clients autonomes.
  • &🇪🇺 Défense – La Commission européenne propose un plan de financement de 800 milliards d’euros, dont 150 milliards via un emprunt commun, pour renforcer les capacités de défense des États membres.
  • 🇬🇧 Retraite – Le gouvernement britannique annonce une réforme des pensions, permettant aux travailleurs âgés de plus de 50 ans d’accéder plus tôt à des avantages fiscaux.
  • 🇬🇧 Immigration – Les demandes de citoyenneté britannique ont explosé en fin d’année 2024, notamment parmi les citoyens américains, en hausse de 40 % par rapport à l’année précédente.
  • 🇺🇸 Politique – Dans un discours aux allures de bilan, Trump met en avant ses actions pour diminuer l’administration fédérale et mener une guerre commerciale plus risquée, qualifiant ces initiatives de « début des jours les plus passionnants de l’histoire du pays ».
  • 🇺🇸 Climat – Le GIEC termine son 7e cycle de travaux à Hangzhou sur un constat d’échec, sans parvenir à fixer un calendrier pour son prochain rapport en raison des tensions politiques.

Economie

  • 🇪🇺 BCE – La Banque centrale européenne pourrait envisager une pause en avril, bien qu’une baisse des taux à 2 % d’ici la mi-2025 soit attendue, selon Vontobel.
  • 🇫🇷 Investissements – Malgré une baisse de 7 % des projets étrangers en 2024, Laurent Saint-Martin souligne que la France reste attractive par rapport à ses voisins européens.
  • 🇫🇷 Entreprises – L’abaissement du seuil de TVA pour les petits entrepreneurs, prévu pour mars 2025, suscite des critiques et pourrait être révisé après les concertations.
  • 🇺🇸 Crypto – Le plus grand vol de crypto-monnaies de l’histoire, d’une valeur de 1,4 milliard de dollars, voit les fonds déplacés et blanchis par les hackers.
  • 🇺🇸 Crypto – Après avoir inclus XRP et SOL dans sa réserve stratégique, Donald Trump réaffirme que le bitcoin et l’ethereum en seront les éléments centraux, provoquant une hausse soudaine de leur valeur.
  • 🇺🇸 Croissance – Les investisseurs craignent un ralentissement économique mondial, avec un recul de 36 % des promesses d’emplois liées aux investissements étrangers en 2024 et des signes inquiétants dans l’industrie américaine.

Immobilier

  • 🇫🇷 Construction – Les grands promoteurs comme Nexity et Altarea constatent un redémarrage progressif des ventes aux particuliers, bien que 2025 ne s’annonce pas encore comme une année exceptionnelle.
  • 🇫🇷 Logement – 29 000 permis de construire ont été délivrés en janvier (+1,5 %), un niveau toujours très inférieur à la moyenne pré-Covid.
  • 🇫🇷 Formation – Le Conseil d’État impose un décret de formation pour les collaborateurs immobiliers, marquant un tournant pour la profession après une décennie d’attente.
  • 🇫🇷 Crédit – La demande de crédits immobiliers repart à la hausse, avec 54 000 demandes enregistrées en janvier 2025, soit presque le double de l’an dernier, selon MeilleurTaux.
  • 🇺🇸 Public – L’administration Trump annonce la vente potentielle de 320 propriétés fédérales, visant à réduire les coûts liés aux espaces de bureau sous-utilisés.

Placements & fonds

  • 🇫🇷 Retraite – Plus d’un Français sur sept détient un PER, avec 11 millions de titulaires et 119 milliards d’euros d’encours à fin septembre 2024, marquant une légère progression.
  • 🇫🇷 Fonds – Carmignac renforce son offre avec le lancement de Carmignac Credit 2031, un fonds à échéance ciblant le marché du crédit avec des revenus à bonne visibilité.
  • 🇫🇷 Fonds – Amundi lance trois nouveaux ETF obligataires, visant à offrir une exposition diversifiée aux obligations souveraines, d’entreprise et vertes.
  • 🇺🇸 Fonds – Goldman Sachs lance un fonds obligataire visant à soutenir la biodiversité, investissant dans des obligations labellisées et non labellisées dans plusieurs devises, dont l’euro et le dollar.
  • 🇫🇷 SCPI – CRISTAL Rente affiche un taux de distribution de 5,06 % en 2024.
  • 🇫🇷 SCPI – France Investipierre maintient un taux de distribution de 4,90 % en 2024.
  • 🇫🇷 SCPI – CÅ“ur de Ville enregistre un taux de distribution de 5,30 % pour l’année 2024.
  • 🇫🇷 SCPI – Perial Opportunités Territoires réalise son premier investissement avec l’acquisition d’un ensemble de 2 500 m² de retail à Mondeville, offrant un rendement de 9,53 %.
  • 🇫🇷 Immobilier – Le LLI devient accessible aux particuliers grâce à GreenCity Immobilier, offrant des prix attractifs et des avantages fiscaux pour l’investissement locatif
  • 🇫🇷 Immobilier – La Carac lance Générations Immo ISR, une nouvelle unité de compte immobilière labellisée ISR, investissant dans des projets à impact social et environnemental.
  • 🇫🇷 Gestion d’actifs – Kepler Cheuvreux et Unigestion créent une société de gestion d’actifs commune, Kepler Cheuvreux Unigestion Equities, spécialisée dans les stratégies quantitatives sur actions cotées.
  • 🇫🇷 Gestion d’actifs – Axa IM enregistre une collecte de 2,5 milliards d’euros en 2024, après une décollecte en 2023, soutenue par les fonds Axa IM Core et Axa IM Alts.
  • 🇫🇷 Assurance-vie – Finary lance son contrat d’assurance-vie, offrant une gestion profilée avec des ETF iShares de BlackRock et un accès à plus de 850 unités de compte.
  • 🇫🇷 Levée de fonds – Præmia REIM prépare plusieurs levées de capitaux pour renforcer sa diversification européenne, avec un focus sur l’immobilier alternatif.
  • 🇫🇷 Diversification – BNP Paribas REIM lance un pôle dédié à la santé et à l’hôtellerie, avec Paul Darribère à la tête de ce nouveau département paneuropéen.

Marchés

  • 🇫🇷 Automobile – Renault rappelle plus de 15 000 R5 électriques pour une opération technique visant à éviter des pannes de démarrage.
  • 🇫🇷 Fintech – Mon petit placement franchit le cap des 200 M€ sous gestion en 2024, avec une collecte nette de 60 M€, portée par des rendements attractifs sur ses produits d’investissement.
  • 🇪🇺 Défense – Les gestionnaires d’actifs, même ceux axés sur l’ESG, commencent à intégrer des actifs liés à la défense dans leurs portefeuilles, une tendance marquée par des fonds tels que WAR et NATO.
  • 🇺🇸 Volatilité – L’introduction de nouveaux tarifs par Donald Trump provoque une forte volatilité sur les marchés mondiaux, avec un recul marqué des indices boursiers et une hausse du baromètre de la peur (VIX).

Assurance

  • 🇫🇷 Réorganisation– France Assureurs crée une nouvelle direction « communication et affaires publiques », confiée à Émilie Netter, pour fédérer les équipes de communication et affaires publiques.

Que répondre aux clients inquiets face aux actualités ?

La présidence de Donald Trump ravive les interrogations des épargnants concernant leurs placements. Face aux changements de politique économique et monétaire américaine, de nombreux clients s’inquiètent des répercussions potentielles sur leurs portefeuilles d’investissement. Cette préoccupation est d’autant plus marquée que les marchés financiers connaissent actuellement des valorisations historiquement élevées.

Les conseillers patrimoniaux se trouvent en première ligne pour répondre à ces inquiétudes légitimes. Comment accompagner efficacement les clients dans cet environnement où s’entremêlent tensions géopolitiques, politiques économiques disruptives et marchés financiers à des sommets ? Quelles réponses apporter à leurs questions sur la nécessité de sécuriser ou de maintenir leurs positions ?

Une période d’incertitude qui suscite des questions

La présidence de Donald Trump ravive les interrogations des épargnants concernant leurs placements. Face aux changements de politique économique et monétaire américaine, de nombreux clients s’inquiètent des répercussions potentielles sur leurs portefeuilles d’investissement. Cette préoccupation est d’autant plus marquée que les marchés financiers connaissent actuellement des valorisations historiquement élevées.

Les conseillers patrimoniaux se trouvent en première ligne pour répondre à ces inquiétudes légitimes. Comment accompagner efficacement les clients dans cet environnement où s’entremêlent tensions géopolitiques, politiques économiques disruptives et marchés financiers à des sommets ? Quelles réponses apporter à leurs questions sur la nécessité de sécuriser ou de maintenir leurs positions ?

Les préoccupations des clients face à « l’effet Trump »

Des questions récurrentes qui émergent lors des entretiens

Les clients expriment généralement trois grandes préoccupations concernant la politique de Donald Trump et ses implications financières :

  1. La crainte d’un krach imminent : « Avec les valorisations boursières actuelles et l’instabilité politique, ne risque-t-on pas une correction brutale des marchés ? »
  2. L’inquiétude sur la valeur du dollar : « J’entends que Trump pourrait orchestrer une dévaluation du dollar. Que signifierait cela pour mes investissements internationaux ? »
  3. La question éthique : « Dois-je conserver des investissements qui pourraient financer des politiques avec lesquelles je suis en désaccord ? »

Des marchés en tension malgré l’euphorie apparente

L’environnement actuel présente cette particularité paradoxale : les marchés continuent leur progression malgré l’accumulation de signaux d’alerte. Cette déconnexion entre l’enthousiasme boursier et les fondamentaux économiques alimente l’anxiété des épargnants. Le sentiment prédominant est celui d’une euphorie qui pourrait brutalement s’interrompre.

Les investisseurs semblent pris dans une dynamique spéculative où personne ne souhaite manquer les dernières hausses, mais où chacun redoute d’être le dernier à rester exposé lorsque surviendra l’inévitable retournement.

Analyse des risques spécifiques liés à la politique économique trumpienne

La possible révolution monétaire américaine

Les observateurs économiques notent plusieurs indicateurs préoccupants concernant la politique monétaire envisagée :

  • La nomination de conseillers économiques comme Stephen Miran, partisan d’une approche interventionniste sur le dollar
  • Les déclarations concernant la visite de Fort Knox avec Elon Musk, suggérant un intérêt renouvelé pour l’or
  • La doctrine qui se dessine autour d’une possible dévaluation volontaire du dollar pour réduire le déficit commercial américain

Cette « doctrine Miran » pourrait se traduire par une politique qui utiliserait les droits de douane comme levier de négociation pour imposer un nouveau système monétaire international, parfois comparé à un « accord de Mar-a-Lago » en référence aux accords du Plaza de 1985.

Les conséquences patrimoniales potentielles

Une dépréciation orchestrée du dollar aurait plusieurs implications directes pour les portefeuilles d’investissement :

  • Une érosion de la valeur des actifs libellés en dollars (actions américaines, obligations du Trésor)
  • Un impact sur les indices mondiaux fortement exposés au marché américain (le MSCI World étant exposé à 73% au dollar)
  • Des répercussions sur le commerce international, particulièrement pour les entreprises européennes exportatrices vers les États-Unis
  • Un possible choc inflationniste aux États-Unis avec des ondes de choc mondiales difficiles à anticiper

Dans ce contexte, l’attrait renouvelé pour l’or comme valeur refuge s’explique aisément, son cours atteignant des sommets historiques.

Stratégies d’investissement à proposer en réponse aux inquiétudes

Arbitrer entre sécurisation et opportunités de long terme

Face aux interrogations des clients, deux approches principales peuvent être envisagées :

Option 1 : La sécurisation partielle ou totale du portefeuille

Cette stratégie consiste à réduire l’exposition aux marchés actions pour privilégier des placements moins volatils. Elle présente l’avantage de diminuer l’anxiété à court terme et de préserver le capital déjà constitué. Cependant, elle comporte un inconvénient majeur : le risque d’être absent lors de la reprise des marchés et donc de compromettre la performance à long terme.

Option 2 : Le maintien d’une exposition raisonnée

Cette approche repose sur l’acceptation de la volatilité comme composante inhérente aux investissements productifs. Elle s’appuie sur le constat historique que les marchés financiers, malgré leurs soubresauts parfois violents, ont toujours fini par rebondir sur le long terme. Cette stratégie implique une préparation psychologique à traverser des périodes de turbulence.

Recommandations adaptées selon le profil et l’horizon d’investissement

Il est crucial d’adapter la réponse en fonction des spécificités de chaque client :

  • Pour les clients proches de la retraite : Une sécurisation progressive des avoirs peut être judicieuse, en conservant toutefois une poche dynamique proportionnée à leur horizon de placement encore significatif.
  • Pour les épargnants plus jeunes : L’acceptation d’une volatilité accrue en contrepartie du potentiel de performance à long terme demeure rationnelle. Il peut être recommandé de maintenir les investissements existants tout en constituant une réserve de liquidités pour saisir d’éventuelles opportunités lors de corrections.
  • Pour tous les profils : Une diversification géographique et sectorielle renforcée constitue un élément de réponse pertinent, notamment en rééquilibrant les portefeuilles trop exposés au marché américain.

Une approche équilibrée pour traverser les turbulences

Le piège de la temporisation parfaite des marchés

L’expérience démontre que la stratégie consistant à « vendre au plus haut pour racheter au plus bas » relève davantage du fantasme que de la réalité. Les études académiques sont unanimes : même les professionnels les plus aguerris ne parviennent pas à anticiper systématiquement les points d’inflexion des marchés.

Une distinction fondamentale doit être faite entre prudence légitime et tentative illusoire de « battre » le marché par des mouvements d’entrée et de sortie. La seconde approche conduit généralement à manquer les meilleures séances boursières, qui concentrent une part significative de la performance annuelle.

Cohérence avec les convictions et vision à long terme

Au-delà de la performance financière, il est essentiel d’intégrer la dimension des convictions personnelles dans le conseil patrimonial. La question des valeurs sous-jacentes aux investissements n’est pas anecdotique et mérite d’être abordée avec les clients.

Certains épargnants souhaitent aligner leurs investissements avec leurs convictions, quitte à accepter une performance potentiellement différente des indices. Cette démarche peut être pleinement intégrée dans une stratégie d’investissement cohérente sur le long terme.

Conclusion : accompagner plutôt qu’alarmer

Dans un contexte d’incertitude accentuée par les orientations politiques américaines, le rôle du conseiller patrimonial est moins de prévoir l’imprévisible que d’accompagner ses clients dans une démarche d’investissement raisonnée.

Les inquiétudes suscitées par la présidence Trump et ses potentielles implications sur les marchés sont légitimes. Elles appellent non pas des réactions précipitées, mais une réflexion approfondie sur les objectifs patrimoniaux de long terme et la cohérence des stratégies d’investissement.

L’histoire économique nous enseigne que les périodes de turbulence sont également celles où se forgent les performances futures. Si nul ne peut prévoir avec certitude l’ampleur ni le timing d’une éventuelle correction, l’expérience démontre que le système économique trouve généralement les ressorts nécessaires pour rebondir.

La meilleure protection contre l’incertitude demeure ainsi une stratégie d’investissement diversifiée, cohérente avec l’horizon de placement et les convictions personnelles, et suffisamment robuste pour traverser les cycles économiques dans leur intégralité.

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