Tudigo : le tribunal écarte Blast et liquide la plateforme

La plateforme de financement participatif revendiquait plus de 200M€ investis par des particuliers depuis 2015. Les véhicules qui portent ces investissements lui survivent, et leurs investisseurs vont payer un suivi que Blast proposait, pour les levées en actions, d'assurer sans frais.

Publié le 13 octobre 2026 à 12:12 · Mis à jour le 13 octobre 2026 à 12:31

Tudigo : le tribunal écarte Blast et liquide la plateforme

Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé le 12 octobre la liquidation judiciaire de Tudigo, plateforme de financement participatif en redressement depuis le 5 août. Selon nos informations, le tribunal a écarté toutes les offres, y compris celle de Blast, le club d'Anthony Bourbon, qui faisait figure de favori. Blast proposait 100K€ cash, mais le tribunal lui a opposé les 4,5M€ de dettes de Tudigo.

Pourtant, l'offre de Blast proposait, en plus de 5 salariés, de reprendre les 116 SPV où sont logés les investissements en actions, sans frais de gestion pour leurs associés. Faute de repreneur, les associés devront voter des frais, que le barème de Tudigo fixe à 8,4K€ TTC par véhicule et par an. Sur 5 ans, ce forfait absorbe 42% d'une levée de 100K€.

Côté obligataire, Tudigo était aussi le RMO des emprunts émis sur la plateforme. Son PCA, soumis au vote des obligataires jusqu'au 11 octobre, confie ce rôle à Covalt, et le recouvrement à la société 1563. Pour un emprunt sain, les deux prestataires prélèvent 12K€ TTC par an sur les remboursements, quel que soit le montant levé, hors frais techniques.

Pour un emprunt en défaut, la facture passe à 19,2K€ TTC par an. Le PCA ne démarre que si des obligataires volontaires avancent 7,3K€ de frais de prise en charge d'ici au 29 octobre. Ces volontaires seront remboursés en priorité, avec 15% d'intérêts par an. Si la collecte échoue, ou si les obligataires ont rejeté le PCA, ils éliront comme RMO l'un des leurs ou un autre prestataire.

Tudigo cite elle-même une alternative, arrivée après une longue négociation entre le prestataire et l'administrateur judiciaire : Aircap facture 4,8K€ TTC par an et par emprunt, sain ou en défaut, contre 12K€ à 19,2K€ dans le PCA. Le cabinet y ajoute 1,2% à 2,4% des sommes recouvrées, mais ne facture pas de prise en charge. Il propose aussi de présider les SPV en actions au même tarif, contre 8,4K€ dans le barème de Tudigo.

Les investisseurs peuvent également se tourner vers le Collectif des obligataires Koregraf, association née de la chute de Koregraf, plateforme de crowdfunding immobilier en gestion extinctive depuis 2025. Chez Koregraf, l'association a négocié à la baisse les tarifs des prestataires et formé des investisseurs pour qu'ils deviennent eux-mêmes RMO. Elle applique la même méthode à Tudigo, sans recours en justice. Elle répond à l'adresse bureau@collectifok.org et anime un groupe WhatsApp ouvert pour l'occasion.

De son côté, Stéphane Vromman, cofondateur et président de Tudigo, a prévenu ses actionnaires avant le jugement qu'ils ne pouvaient rien en espérer. Il juge que l'intérêt de la plateforme « a été bafoué à de nombreuses reprises », et annonce leur transmettre ses informations pour qu'ils puissent se joindre à des procédures.

Les acteurs cités : TUDIGO

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