Ariane Tardieu, directeur du développement France chez Carmignac
Oubliez la vieille image d'Epinal que vous aviez. Carmignac se renouvelle et propose des idées d'investissement originales. Explications.
Comment va Carmignac ?
Nous sommes aujourd’hui très satisfaits car nous avons réussi à nous diversifier en matière de collecte et de clientèle. Si cette année, nous réalisons notre plus importante collecte sur les fonds obligataires comme Carmignac Flexible Bond et les fonds à maturité, les flux sont aussi revenus sur les actions, un segment où notre gestion active a su faire ses preuves face à une gestion passive moins onéreuse. Et cela se traduit directement dans nos chiffres de collecte nette avec plus de 200 millions d’euros pour Carmignac Investissement et plus de 260 millions d’euros pour Carmignac Portfolio Tech Solutions. Du côté de la clientèle, deux tendances sont à souligner. D’une part, celle de l’intérêt manifesté par certains investisseurs institutionnels pour ces stratégies. D’autre part, notre poussée sur le marché de l’épargne salariale où certaines sociétés viennent nous solliciter pour lancer leur propre FCPE. L’historique de fonds comme Carmignac Investissement et Carmignac Patrimoine (plus de 35 ans chacun) n’y est pas étranger. À ce propos, notez aussi que Carmignac Patrimoine fait son retour parmi les collecteurs en assurance-vie.
Cet été vous avez annoncé la possibilité pour vos fonds de co-investir dans des pré-introductions en Bourse. Pourquoi ?
La première chose à retenir, c’est que cette décision n’introduit aucun changement dans l’univers d’investissement des fonds, leur liquidité ou leur niveau de risque. En réalité, nous nous appuyons sur la règle UCITS qui permet aux fonds communs de placement d’allouer 10% de leurs actifs à des investissements non cotés ou alternatifs, ce que l’on appelle traditionnellement le « trash bucket » (le ratio poubelle). Face à la disparition continue du nombre de sociétés cotées et compte tenu du fait que certaines sociétés préfèrent rester hors des marchés boursiers, il nous est apparu nécessaire d’offrir cette possibilité aux gérants de nos fonds. Chacun, à son échelle et en toute indépendance, pourra décider de prendre ou non position sur les opportunités que nous aurons identifiées. Et surtout, ces investissements n'ont pas vocation à atteindre le niveau des 10% que la réglementation nous autorise pourtant. Vous pourrez d’ailleurs le constater en consultant nos reportings à partir du mois d’octobre.
Vous avez récemment lancé un nouveau fonds, c’est suffisamment rare pour être souligné, non ?
Le lancement de ce fonds d’actions européennes flexible suit de quelques semaines l’arrivée de Frédéric Jeanmaire. Sa grande expérience et sa fine connaissance du vaste marché que constitue l’Europe élargie à des pays plus émergents du continent faisaient de lui le candidat idéal pour rejoindre notre équipe de gestion. Et sachez que nous travaillons d’ores et déjà sur d’autres nouveaux produits dont notamment un FCPR.
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