Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine

Par , Rédacteur en chef, Le Brief Patrimonial · Publié le 26 juin 2026

Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine

Multi family-office indépendant, Scala Patrimoine se distingue notamment par sa clientèle de sportifs de haut niveau. Rencontre et découverte.

En quelques mots, aujourd’hui, Scala Patrimoine, c’est quoi ?

J’ai fondé Scala Patrimoine en 2014 avec la volonté de proposer un accompagnement indépendant, affranchi de tout conflit d’intérêts. Dans un univers nourri aux rétrocommissions versées par les sociétés dont les CGP distribuent les produits, nous faisons figure d’exception : nous sommes rémunérés directement par nos clients, sous forme d’honoraires de conseil.

Notre clientèle est composée en grande majorité d’entrepreneurs, de familles fortunées et de sportifs professionnels. Aujourd’hui, Scala Patrimoine dispose de trois bureaux : deux en France, à Paris et à Marseille, et un bureau en Suisse, à Genève, témoignant de l’internationalisation de nos activités.

Travaille-t-on de la même façon avec un sportif de haut niveau qu’avec un client plus « classique » ?

La gestion patrimoniale d’un sportif de haut niveau répond à des enjeux singuliers. Avec une carrière souvent limitée à une quinzaine d’années, sécuriser son avenir est une priorité.

Nous commençons toujours par poser des bases solides : résidence principale, investissements locatifs, épargne de précaution, sécurisation des projets familiaux. Une fois ce socle en place, on peut envisager des placements plus ambitieux, en investissant sur les marchés financiers, en private equity ou en participant à des projets entrepreneuriaux, selon le profil et les envies de chacun.

Ce qu’on observe chez les athlètes qui se retrouvent en difficulté financière, c’est presque toujours la même chose : des dettes contractées sur des durées qui dépassent leur carrière. Quand les revenus s’effondrent, les charges restent. C’est une mécanique redoutable.

Et puis il y a la dimension médicale, qu’on ne peut pas ignorer. Une blessure peut tout remettre en question du jour au lendemain. C’est pourquoi nous mettons nos clients en relation avec des experts indépendants chargés de la performance, pour s’assurer que les avis qu’ils reçoivent ne sont pas biaisés par des intérêts différents des leurs.

Enfin, formations, rendez-vous pédagogiques et investissements qui dépassent le strict cadre de l’activité sportive de haut niveau, viennent compléter notre accompagnement. L’ensemble s’articule autour d’une logique de brand equity : autrement dit, le sportif de haut niveau doit pouvoir envisager son image comme un actif à part entière, qu’il construit, valorise et prépare en vue de son après-carrière.

Vous disposez d’un département mécénat, en quoi cela consiste-t-il au juste ?

Le département est né de ma rencontre avec Francis Charhon et du chemin parcouru ensemble pour intégrer la dimension philanthropique dans l’organisation et la structuration du patrimoine de nos clients. Chez ces derniers, la question du sens donné à leur patrimoine finit tôt ou tard par s’imposer autour de la table, comme une évidence qui dépasse les seules considérations financières. Avec ce pôle d’expertise, nous les aidons à structurer leur démarche philanthropique : création de fondations ou de fonds de dotation, organisation de la gouvernance, sélection des projets à soutenir, suivi de l’impact… Le tout en mobilisant des expertises juridiques et fiscales pointues. 

Paru dans le numéro du 23 juin 2026

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