Héléna Charrier, responsable Solutions ISR chez LBPAM

Société ambitieuse en finance durable LBPAM a fusionné avec LFDE. Rencontre.

Par , Rédacteur en chef, Le Brief Patrimonial · Publié le 10 juillet 2026

Héléna Charrier, responsable Solutions ISR chez LBPAM

LBPAM aujourd’hui ?

Ce sont 72 milliards d’euros d’encours sous gestion (à fin avril) rassemblés sous une seule raison d’être qui est de valoriser le capital financier, naturel et humain et d’accompagner les transitions durables des clients. Nous accordons une grande importance aux sujets d’une transition ordonnée de l’économie réelle et de la bonne gestion des risques de durabilité. Cette dernière peut en effet grandement contribuer à la performance de nos fonds. L’une des choses qui nous distingue le plus des autres sociétés de gestion, c’est certainement notre volonté d’expliquer notre vision de la durabilité sur différents thèmes, secteurs d’activités et enjeux. Nous le faisons au travers de politiques publiques qui révèlent comment il est possible de traiter un enjeu pour ensuite l’intégrer à l’ensemble de nos encours. Pour y parvenir, nous avons étoffé nos équipes ces dernières années avec le recrutement d’experts sur des thématiques clés (dont le climat et la transition énergétique, les droits humains et sociaux ou la nature et la biodiversité).

En mai dernier, la fusion complète de LBPAM avec La Financière de l’Échiquier a été annoncée. Avez-vous remarqué des différences entre vos deux sociétés dans la façon d’aborder les questions d’ISR ?

Oui en effet mais rien d’irréconciliable, bien au contraire. Dans ce rapprochement, LBPAM apporte son expertise dans le traitement quantitatif des données à très grande échelle tandis que LFDE vient nourrir notre approche avec son expertise de stock-picker. C’est donc la réunion du meilleur de deux mondes que cette fusion permet. Aujourd’hui 81% de nos encours sont classés article 8 ou 9 au sens de la SFDR, sachant que nous ne nous contentons pas de simplement recueillir de la donnée mais que nous déployons des efforts pour développer une méthodologie qui soit le reflet de notre vision de chacun des sujets où la finance durable a son mot à dire.

Dans les faits, comment agissez-vous auprès des entreprises ?

Pour ce qui concerne les droits humains par exemple, nous disposons d’une politique. Celle-ci régit l’ensemble de nos gestions et vise à identifier dans nos portefeuilles les risques d’impact négatif afin d’en atténuer les effets. Concrètement, cela signifie qu’une fois les risques identifiés, nous menons des campagnes d’engagement auprès des sociétés non seulement pour les sensibiliser mais aussi pour les aider à définir une conduite plus respectueuse sur ce sujet. Nous avons récemment mené une étude sur 30 entreprises européennes du secteur de la défense. Parmi celles-ci 22 disposent d’une politique de droits humains qui leur est propre mais elles ne sont que 5 à avoir un engagement clair sur les droits humains en affichant un véritable code de conduite. Quant à l’usage final de leurs produits, elles ne sont que 7 sociétés à le considérer comme un risque saillant. Notre travail est donc bien loin d’être terminé.

Paru dans le numéro du 7 juillet 2026

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